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           En sanskrit, Padmā signifie le lotus

 

  Le lotus, symbole de la réalisation de l’être

La réalisation des possibilités de l’être est souvent symbolisée par l’épanouissement d’une fleur à la surface des “Eaux”. Il s’agit des “Eaux primordiales” qui renferment, dans leur unité première et originelle, toutes les possibilités de réalisation. Cette fleur est habituellement un lotus en Orient, une rose ou un lis en Occident.

La fleur en général et le lotus en particulier sont des symboles de l’accomplissement spirituel de l’être, depuis les profondeurs obscures associées aux “Eaux inférieures” jusqu’à la floraison complète dans la pleine lumière des “Eaux supérieures”. Cet accomplissement émane de la semence (germe premier ou Oeuf du Monde), s’ouvre sous la forme de bouton (éclosion de l’Oeuf) et s’épanouit à la pleine floraison.

La fleur incarne le principe féminin ou passif de la manifestation qui l’assimile à un réceptacle, une coupe, un vase recevant l’influence du principe masculin ou actif. Cette distinction entre principes passif et actif se retrouve dans les différentes formes traditionnelles: Prakriti/Purusha en Inde, yin/yang en Chine, féminin/masculin en Occident. De l’union de ces deux principes naissent la manifestation de l’être et de toutes ses possibilités de réalisation dans toute forme traditionnelle.

 

  Le lotus dans la tradition hindoue

Dans la tradition hindoue, Vishnu dort à la surface des “Eaux primordiales”. Un lotus rose émerge de son nombril. Au milieu de la fleur se tient Brahmâ.

Le lotus rose (“padma”) associé à Vishnu est un symbole diurne et solaire contrairement au lotus bleu (“utpala”) propre à la nuit et à la lune et en relation avec Shiva.

Ces trois dieux représentent la triple manifestation (“Trimûrti”): Brahmâ le Créateur, Vishnu le Préservateur et Shiva le Destructeur ou plus exactement le Transformateur. La préservation se fait au grand jour tandis que la transformation opère nuitamment.

Ces dieux représentent des principes producteurs du monde manifesté et autant de facettes du dieu Suprême, Brahma. En tant que “Principe Suprême”, Brahma est au-delà de toute distinction entre création, préservation et transformation. Il est neutre alors que Brahmâ, Vishnu et Shiva sont masculins et dotés d’énergies féminines propres (“shakti”) dépeintes respectivement par les trois déesses: Sarasvatî, Lakshmî et Pârvatî.

    Le Sûtra du Lotus

Dans nombre de représentations, le Bouddha se tient au milieu d’un lotus à huit pétales.

 

Il est assis sur le moyeu immobile d’une roue à huit rayons qui symbolisent les huit points cardinaux et intermédiaires représentatifs de la manifestation dans toute sa plénitude. Une roue qui évoque les représentations stylisées du lotus ou de la “rouelle celtique”, symboles de la manifestation du monde (circonférence) unie à son Principe immobile (centre).

Le maître qui a introduit la doctrine du Bouddha au Tibet au VIIIe siècle de notre ère porte le nom de “Padmasambhava”; (celui qui naquit du lotus).

Le “Sûtra du Lotus” (Lotus de la Loi Véritable) constitue un recueil sanskrit reconnu par le Mahayana comme renfermant les enseignements fondamentaux du Bouddha. À la fois enseignement du Bouddha vivant et enseignement vivant du Bouddha, il expose les nombreuses voies qui mènent à l’Éveil et tout particulièrement: le rôle du Bouddha; les bénéfices retirés des Bodhisattvas; le sens de la nature du Bouddha et l’importance de la foi.

Le lotus, qui pousse dans la boue et la vase pour donner une fleur d’une exquise beauté, dépeint la nature du Bouddha depuis son émanation jusqu’à sa sublime fragrance.

  Les voies du Tantra et du Kundalini-Yoga

Selon le Tantra, il y a dans l’être humain un corps subtil parcouru par trois canaux (“nâdis”) joints à leur base. Les canaux latéraux, où s’écoulent des énergies opposées, solaire (“Pingala”) et lunaire (“Ida”), s’enroulent autour du troisième canal neutre (“Sushumnâ”) et de cinq points fondamentaux.

 

Au nombre total de sept, ces points fondamentaux sont qualifiés de chakras, terme sanskrit qui se traduit littéralement par roues. Assortie de rayons, la roue représente la forme stylisée du lotus. Or, ces centres sont précisément représentés, dans la tradition hindoue, par des lotus distingués par le nombre de leurs pétales.

Au cours de son ascension, la “kundalini”, forme statique de l’énergie subtile, traverse successivement les différents chakras associés aux besoins physiques, psychiques et spirituels pour mener l’être vers la Connaissance véritable et à la pleine Réalisation symbolisées par le lotus à mille pétales.

Dans le Tantra taoïste, la floraison est le résultat d’une alchimie intérieure, du mariage de l’essence (hsin) avec le souffle (ki), du Feu (Li) et de l’Eau (Kan) qui symbolise le retour au centre, à l’unité de l’état primordial représentée par le lotus.

 

             En hindi, Dhyaan signifie le soin

Mais qu’est ce que le soin?

Le soin ne désigne pas seulement un domaine particulier de l’activité médicale, au sens où l’on parle par exemple des soins infirmiers ou de soins palliatifs. Il ne correspond pas non plus à un « supplément d’âme » de la médecine, mais il en constitue une, sinon la finalité essentielle.
Car le soin est aujourd’hui le point où s’articulent la médecine, l’éthique et la société dans leur ensemble, à la fois dans les expériences, les pratiques et les institutions.
Partout le soin est une référence, un souci et une valeur, parfois un prétexte et un leurre, toujours un problème »

En effet, ce qui est en jeu autour du soin, c’est la prise en compte d’autrui comme sujet à part entière, qui compte au-delà de ses symptômes, qui attend qu’on l’écoute dans sa souffrance comme dans ses plaisirs. Ainsi la relation de soin peut être considérée comme l’élément de base de toute relation humaine. C’est en ce sens qu’elle invite à repenser le monde actuel.
Dès lors, le soin est du ressort du médecin, du psychiatre ou encore du psychothérapeute mais également du travailleur social ou de l’aide-soignant tout comme le spécialiste de santé publique.

 « soin » et « prendre soin » traduisent au mieux ce que Donald Winnicott, pédiatre, psychiatre et psychanalyste britannique, en sa langue signifiait en disant care et take care.

Il souhaitait transmettre aux soignants, son souci de ramener cure du côté de care. Cure et care sont en anglais des termes très proches. Mais son intention était d’insister sur ce qui pouvait les distinguer. Certes, tous deux désignent les soins, mais alors que cure vise le traitement médical et l’éradication de la maladie, care met l’accent sur l’attention portée à quelqu’un et sur l’intérêt qui est pris pour cette personne.

« Qu’est-ce que les gens attendent de nous, médecins, personnes soignantes ? leur avait-il dit. Qu’attendons-nous, nous-mêmes, lorsque nous sommes immatures, malades ou vieux ? Ces états – immaturité, maladie, vieillesse – engendrent la dépendance. Ce qu’on attend donc de nous, c’est qu’il soit possible de dépendre de nous. On nous demande d’être humainement fiables, on veut que cette fiabilité, cette possibilité de dépendre de nous, fasse partie de notre attitude générale. »

 

Les uns comme les autres ne doivent jamais oublier que toute écoute, toute parole, tout silence, tout geste, tout acte, aussi technique qu’il puisse être, doit toujours s’inscrire dans un processus gouverné par le care, l’attention à l’autre, le prendre soin de la personne qui s’est remise entre leurs mains, qui leur a fait confiance au point de s’en remettre à leurs soins.

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